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La mer de Chine méridionale : concurrences territoriales, enjeux économiques et liberté de circulation

mercredi 28 octobre 2020, par Solène

I) Etude de cas : la Chine en Mer de Chine Méridionale

A/ ses revendications sont anciennes

• Fiery Cross Reef = atoll situé en mer de Chine méridionale

• dès 1947 : Chine revendiquant les îlots de cette mer -> archipels des Spratly (ou Spratleys) et des Paracels

=> définition d’une ligne à neuf traits = ligne en langue de boeuf englobant 80 à 90% de le mer de Chine Méridionale

• 1949 : Mao + communistes chinois fondant une République Populaire de Chine
-> capacités navales chinoises très limitées

B/ elle développe donc sa puissance

• 2011 : objectif du parti communiste chinois (PCC) = faire de la Chine une grande puissance maritime -> armement en conséquence

• 2012 : acquisition par la Chine de son 1er porte-avion auprès de l’Ukraine

• 2017 : 1er porte-avion made in china produit en 4 ans

• 3ème porte-avion en construction

• marine chinoise en possession de 600 navires -> Chine = 2ème marine mondiale

C/ ...pour atteindre ses objectifs

- territoriaux

• malgré ratification (=confirmation) par la Chine en 1996 de la CNDUM -> Chine réitérant à partir de 2009 auprès de l’ONU ses revendications sur les îles Paracels et Spratly (hors de sa ZEE)
• construction d’îles artificielles sur la base de récifs coralliens par la Chine

+ entrée en conflit avec le Japon pour le contrôle des îles Senkaku

- économiques

• contrôles des îlots en mer de Chine permettant à la Chine :
-étendre sa ZEE
-exploiter les ressources des fonds marins
-contrôler et sécuriser la principale route maritime régionale (exportations/approvisionnements)

- géopolitiques

• maîtrise insulaire permettant à la Chine de sécuriser son territoire selon la stratégie de la seconde ligne de défense définie par l’amiral Liu Huaqing -> objectifs militaires

D/ mais ses projets sont parfois contrariés

• 2016 : Cour Permanente d’arbitrage (CPA) de la Haye estimant que la Chine n’a pas de "droits historiques" sur les eaux stratégiques de la mer de Chine Méridionale
-> profitant aux Philippines et Vietnam revendiquant aussi les îlots

• contexte de militarisation croissante dans cette zone : Etats-Unis organisant des opérations de "Liberté de navigation"

II) L’utilisation des mers et des océans repose sur

A/ des principes...

• pendant longtemps : espaces maritimes = espaces sans droits ou espaces communs

• sur le littoral : droit d’épave ou de bris = droit de récupérer le contenu de navires naufragés sur la côte (naufrageurs provoquant parfois l’avarie des navires)

• droit de la mer se définissant progressivement à partir du 17ème siècle
-> haute mer (blue water pour les anglo-saxons)devenant un espace de libre circulation

principe repris par le président Wilson dans le deuxième point de sa déclaration (les 14 points de Wilson)
août 1941 : le président Roosvelt et Winston Churchill se réunissant au large de Terre-Neuve pour défendre le septième point de la Chartre de l’Atlantique

• depuis le 20ème siècle : tendance à la territorialisation des mers et des océans

B/ ...qui se déclinent sous la forme de moyens légaux

• depuis 1948 : OMI (qui dépend de l’ONU) définit pour 170 pays (2011) les règles de circulation et de sécurité

• 1982 : Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer ou CNUDM à Montego Bay adoptée par 168 pays (Etats-Unis ne l’ayant pas adoptés)

=> les différentes règles :

1) sur les 12 nautiques des eaux territoriales = pleine souveraineté des Etats
+ zone pouvant être prolongée de 12 nautiques = zone contigüe

2) zone économique exclusive sur 200 nautiques = Etats réglementant l’exploration et l’exploitation mais navigation libre

contrôle pouvant être étendu si il est prouvé que le plateau continental se prolonge (mise en oeuvre d’opérations d’exploration sous-marines)

- > parfois naissance de conflits comme entre la Chine et le Japon revendiquant les îles Senkaku/Diaoyutai

3) au-delà de la ZEE : haute mer (blue water) = libre circulation -> eaux internationales considérées comme "biens communs et mondiaux"

autorisations d’exploitation de ressources minérales gérées par l’autorité internationale des fonds marins qui dépend de l’ONU
+ elle peut accorder des extensions de la ZEE

4) détroits = libres de circulation

gestion des canaux = autre enjeu majeur
ex : 1956 -> nationalisation du canal de Suez par Nasser ayant provoqué un
conflit opposant l’Egypte à la France, au Royaume-Uni et à l’Israël
1999 : Etats-Unis ayant rétrocédés au Panama le canal du même nom

5) droits de la mer permettant aux Etats côtiers de mettre en place des mesures de protection de leurs espaces maritimes
- > 5000 aires marines protégées représentant 7,3% de le surface du globe soit 28 millions de km2

III) Le contrôle des mers et des océans dépend de...

A/ ...la puissance navale des Etats

Sir Walter Raleigh : "Quiconque contrôle la mer contrôle le commerce, quiconque contrôle le commerce mondial, contrôle les richesses mondiales, et conséquemment le monde entier"

• Etats-Unis ayant une avance quantitative et qualitative en ce qui concerne sa marine
-elle détient : 11 porte-avions, 6 flottes complètes
-maîtrise de la technologie des sous-marins nucléaires, catapultes au décollage des aéronefs sur certains porte-avions
+ ses principaux alliés = Taiwan, Japon, Corée du sud

Alfred Mahan (The influence of Sea Power on Industrie) considèrent que la puissance
repose sur la maîtrise des mers

• Chine, Inde et Brésil se dotant de porte-avions

Chine -> stratégie du "collier de perles"

• sur le plan géostratégique : nouvelle hiérarchie des puissances maritimes à l’image de l’émergence de nouvelles puissances dans le contexte de la mondialisation

B/ ...et de leur capacité à imposer les règles internationales et leur s intérêts

• gardes côtes contrôlant les flux et sécurisant la navigation

• piraterie présente dans certains régions du globe (golfe d’Aden, golfe de Guinée, détroit de Malacca) -> 201 attaques recensées par le Bureau Maritime International (BMI) en 2018

abordages pouvant s’expliquer par le sous-développement, l’affaiblissement des Etats ou la pollution et la surpêche
-> armateurs ayant recours à des forces armées privées embarquées + organisation de convois des task forces avec les Etats

• en Europe : renforcement des contrôles aux frontières extérieures
-> espace Schengen : programme FRONTEX

• domaine des flux d’informations : NSA américaine (National Security Agency) capable "d’intercepter" les messages transitant par les câbles sous-marins (+Russie)

CONCLUSION

> espaces maritimes reflétant la puissance ou la volonté de puissance des Etats